L’urticaire allergique : une urticaire aiguë, exceptionnelle, mais grave
Les urticaires allergiques sont rares. Elles sont caractérisées par la production d’anticorps spécifiques d’un allergène : aliment, médicament, venin de guêpe ou d’abeille…, qui représentent des allergènes ou substances vis-à-vis desquelles la personne est devenue allergique :
- Les aliments le plus souvent impliqués dans les formes allergiques sont le lait de vache, les crustacés, les poissons, les œufs, les fruits, les arachides, les fruits à coque (noix noisettes amandes).
- Les urticaires médicamenteuses allergiques sont rares. Elles se développent dans les minutes qui suivent la prise du médicament (ou produit de contraste utilisé en radiologie) et sont exceptionnellement isolées. Elles sont très souvent accompagnées de signes d’.
- Les piqures d’insectes venimeux : guêpes…
L’urticaire allergique est associée à une activation généralisée et intense des mastocytes, responsable de la survenue de l’éruption souvent associée à d’autres symptômes respiratoires (toux, crise d’asthme), digestifs (douleurs abdominales, vomissements, diarrhée), ou accompagnée d’un malaise lié à une chute de la tension artérielle. Le en est la manifestation la plus sévère.
Une urticaire allergique survient dans les 2 heures qui suivent le contact avec l’allergène et la durée de la crise est courte ne dépassant pas 24 heures.
Si ultérieurement, un nouveau contact avec le même allergène se produit, la réaction apparaît souvent plus rapidement et de manière plus intense (risque de choc anaphylactique).
Les urticaires non allergiques, les plus fréquentes
Les urticaires non allergiques sont les plus fréquentes. Il peut s’agir d’urticaire aiguë ou chronique. L’urticaire non allergique est due à une activation des mastocytes par des mécanismes qui ne mettent pas en jeu les IgE et leurs récepteurs, mais d’autres récepteurs présents à la surface ou à l’intérieur de ces cellules.
Les urticaires aiguës non allergiques
Elles recouvrent différentes situations.
Les urticaires médicamenteuses non allergiques représentent 15 à 20 % des cas d’urticaire aiguë. Elles sont dues à l’action directe des médicaments sur les mastocytes cutanés. Elles impliquent essentiellement des antibiotiques (surtout la pénicilline) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (surtout l’aspirine). Sont aussi impliqués des traitements hormonaux ou enzymatiques ainsi que l’amidopyrine (antalgique).
Les urticaires alimentaires sont le plus souvent non allergiques, causés par l’absorption en grande quantité d’aliments contenant des amines biogènes (famille de molécules à laquelle appartient l’) ou d’aliments histamino-libérateurs, c’est-à-dire capables d’activer les mastocytes :
- les fromages fermentés, les conserves de poissons, d’œufs ou de harengs fumés, les conserves en général, les charcuteries, la choucroute, les épinards, le foie de porc, la tomate, les sardines, les anchois, les saumons, les viandes, les fraises, etc. ;
- les aliments irritants pour les mastocytes : le café, le thé, les boissons alcoolisées, des colorants alimentaires comme E102, des conservateurs comme les salycilates et différents additifs alimentaires dont les sulfites.
Les urticaires de contact peuvent être déclenchées par de multiples causes : les plantes (ex. : orties), le latex, les produits de nettoyage, les animaux (ex. : méduses).
Une poussée d’urticaire non allergique peut survenir dans un contexte de maladie :
Les urticaires chroniques non allergiques
Les patients porteurs d’urticaire chronique ont une fragilité des mastocytes cutanés qui les rend très sensibles à l’activation en réponse à un ensemble de stimuli non allergéniques. L’urticaire chronique n’est pas une maladie allergique mais une maladie inflammatoire chronique de la peau, dans laquelle les poussées d’urticaire sont fréquentes et favorisées par certains aliments, les infections virales, l’effort, des médicaments ou le stress sur un terrain prédisposé…
Elle apparaît généralement de manière brutale et disparaît en plusieurs mois ou années. On estime que 40 % des urticaires chroniques persistent après un an, 30% après 2 ans et 20% après 10 ans..
Les causes physiques d’urticaire
Les manifestations d’urticaire surviennent immédiatement lirs de l’exposition à la cause physique et sont en général de courte durée. Elles s’arrêtent lorsque l’élément déclenchant est supprimé mais reviennent lors d’une nouvelle exposition.
La cause physique peut être :
- les frottements : une forme commune d’urticaire déclenchée par la friction de la peau. Les plaques retracent alors le trajet de la friction. La forme la plus fréquente des urticaires physiques est le dermographisme provoqué par le simple frottement de la peau, l’épilation électrique ou à la cire… ;
- la pression : les lésions apparaissent quelques heures après une pression importante (selle de vélo, vêtements serrés, manipulation d’outil, marche longue). Elles sont souvent douloureuses et mettent plusieurs jours à disparaître. Cette affection est appelée urticaire retardée à la pression ;
- le froid : l’urticaire atteint les parties du corps découvertes et exposées aux intempéries ou à l’eau froide (ou avec un écart de température avec l’air ambiant) ; elle est parfois induite par l’ingestion d’aliments ou de boissons glacés ;
- le soleil : urticaire solaire après quelques minutes d’exposition au soleil ;
- la chaleur :absorption d’aliments chauds, douche ou bain chaud,
- l’effort et les émotions responsables d’une urticaire cholinergique ;
- les vibrations : utilisation d’un objet vibrant (marteau piqueur par ex), applaudissements, pratique du vélo tout terrain, etc.
Par ailleurs, le stress peut être un important facteur déclenchant, voire aggravant, d’urticaire aiguë ou chronique.