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cancer du poumon

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cancer du nez et de la gorge

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cancer du pancréas

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cancer du foie

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Chute de cheveux

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zona

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Hypertrophie bénigne de la prostate

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Syndrome du colon irritable

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érysipèle

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ostéoporose

21 novembre

cancer du poumon

Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer en France (20 % des décès liés aux cancers, soit 29 000 décès chaque année). Dans la très grande majorité des cas, les cancers dits du poumon sont issus des cellules de la paroi des bronches et des bronchioles, les conduits qui permettent à l’air de circuler dans les poumons.

 

Dans les deux tiers des cas, le cancer du poumon touche les hommes. Mais le nombre de cancers du poumon augmente régulièrement chez les femmes alors qu’il tend à diminuer chez les hommes. Ces statistiques reflètent celles de la consommation du tabac.

Le tabagisme est le facteur de risque de cancer du poumon le plus important : il est associé à plus de 80 % des cas diagnostiqués. Les fumeurs ont un risque dix fois plus élevé de développer un cancer du poumon, en particulier pour les gros fumeurs et ceux qui fument depuis de nombreuses années. Les personnes qui sont régulièrement exposées à la fumée des autres (tabagisme passif) ont un risque de cancer du poumon augmenté de 26 %.

Plusieurs études ont montré que, chez les fumeurs, la prise régulière de compléments alimentaires riches en caroténoïdes (provitamines A) augmente le risque de développer un cancer du poumon. Les personnes qui fument doivent donc être vigilantes lorsqu’elles prennent des suppléments vitaminiques.

De nombreuses substances chimiques ont été identifiées comme pouvant augmenter le risque de développer un cancer du poumon lorsqu’elles sont inhalées de manière répétée : amiante, chrome, arsenic, radon, cobalt, produits issus du charbon, carburants, microparticules issues des moteurs diesel ou des poêles à bois, nickel, chlorure de vinyle, etc.

Dans certaines régions (Massif Central, Bretagne, Vosges et Corse), la présence de radon peut poser problème lorsque ce gaz s’accumule dans des espaces fermés, publics ou privés. En France, on estime que l’exposition chronique au radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac.

Enfin, les personnes qui ont été en contact de manière répétée avec de la poussière d’amiante ont un risque 50 à 90 fois plus élevé de développer une forme particulière de cancer du poumon, le mésothéliome pleural.

Les cancers du poumon ne provoquent pas toujours de symptômes. À un stade suffisamment avancé, le patient peut présenter :

  • une toux qui ne disparaît pas et tend à s’aggraver, parfois accompagnée de crachats sanguinolents ;
  • des douleurs dans la poitrine qui augmentent pendant la toux ;
  • une respiration sifflante et un essoufflement à l’effort ;
  • un enrouement de la voix qui ne disparaît pas après quelques semaines ;
  • des infections respiratoires récidivantes.

Aujourd’hui, en France, la survie cinq ans après un diagnostic de cancer du poumon est de 14 % (13 % chez les hommes, 18 % chez les femmes), ce qui en fait l’un des cancers les plus difficiles à soigner.

Arrêter de fumer diminue de moitié le risque de cancer du poumon après cinq années sans tabac. Après dix à quinze ans d’arrêt, le risque de cancer du poumon rejoint presque (mais sans jamais l’atteindre) celui des personnes qui n’ont jamais fumé.

Dans les régions où le radon est présent, la mesure des concentrations de radon dans les bâtiments publics et privés et, lorsque les concentrations de radon sont élevées, la mise en place de mesures correctrices permettent de réduire le risque de cancer du poumon.

Le traitement des cancers du poumon repose sur des mesures chirurgicales (pour enlever la tumeur), sur l’exposition à des radiations ionisantes (la radiothérapie) et sur l’administration de médicaments de chimiothérapie ou de thérapie dite « ciblée ». L’arrêt du tabac est également une priorité.

La chirurgie consiste à enlever une partie du poumon ou un poumon entier. Le chirurgien peut également enlever les ganglions qui drainent la zone où se trouve la tumeur. Dans certains cas, une chimiothérapie peut être mise en place avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et tester sa sensibilité à ce type de médicament.

La radiothérapie est le plus souvent administrée pendant quatre à cinq jours consécutifs (à raison d’une séance par jour) durant cinq à huit semaines.

Les traitements médicamenteux du cancer du poumon sont de deux types :

  • la chimiothérapie anticancéreuse qui bloque la prolifération des cellules anormales ;
  • les thérapies ciblées qui agissent sur certains récepteurs nécessaires à la croissance des cancers du poumon.

En général, la chimiothérapie du cancer du poumon consiste en des séances de perfusion intraveineuse espacées de une à quatre semaines selon les médicaments utilisés. Le traitement dure entre trois et quatre mois, voire plus longtemps. Le choix des médicaments utilisés est fonction des caractéristiques de la tumeur. Les thérapies ciblées sont des substances qui bloquent certains récepteurs de manière très spécifique et ralentissent la prolifération des cellules cancéreuses. Elles peuvent être administrées soit par voie orale, soit par voie intraveineuse.

14 novembre

cancer du nez et de la gorge

Les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) regroupent les tumeurs cancéreuses qui se développent dans les fosses nasales, les sinus, les os de la face, la bouche, la gorge, ainsi qu’au niveau du larynx. Les cancers de la gorge représentent 30 % des cancers des voies aérodigestives supérieures, ceux de la bouche 25 à 30 % des cas, les ceux du larynx 20 % des cas et les cancers des amygdales environ 15 % des cancers des VADS.

En France, environ 14 000 cas de cancer des VADS sont diagnostiqués chaque année, ce qui en fait la cinquième cause de cancer. Ces cancers sont plus souvent observés chez les hommes (75 % des cas) mais ils deviennent de plus en plus fréquents chez les femmes, du fait de l’augmentation du tabagisme dans la population féminine.

Deux facteurs de risque de cancer des VADS ont été identifiés :

  • le tabagisme : 95 % des cancers des VADS sont diagnostiqués chez des fumeurs.
  • l’excès de boissons alcoolisées : 90 % des cancers des VADS sont diagnostiqués chez des personnes qui consomment régulièrement de l’alcool. L’association de l’alcool et du tabac augmente le risque de développer ce type de cancer.

D’autres causes ont été identifiées :

  • l’infection de la gorge par le HPV, le virus responsable du cancer du col de l’utérus ;
  • certaines substances chimiques : poussières de pierre ou de bois, fumées de diesel, nitrosamines (conservateurs des salaisons et des fumaisons), nickel, formaldéhyde, etc. ;
  • les blessures ou brûlures répétées des muqueuses, par exemple par une prothèse dentaire mal adaptée.

Les symptômes des cancers des VADS varient selon la zone touchée : taches blanchâtres, ulcères, nodules, fissures, douleur, saignements, sensation de nez bouché, difficultés à avaler, voix rauque, etc. Au bout d’un certain temps, l’évolution de la tumeur se traduit par des ganglions gonflés et douloureux, au niveau de la gorge, des oreilles, du cou, etc. Ce sont souvent ces ganglions enflammés qui amènent le patient à consulter son médecin et qui sont à l’origine du diagnostic.

Les cancers des VADS observés en France envahissent rarement le reste du corps. Néanmoins, le traitement chirurgical pour enlever la tumeur nécessite souvent une reconstruction importante de la bouche ou de la gorge, voire l’ablation de la langue ou du larynx.

Les mesures de prévention des cancers des VADS sont avant tout :

  • ne pas fumer ;
  • limiter le plus possible sa consommation de boissons alcoolisées.

De plus, les mesures générales de prévention des cancers s’appliquent :

  • adopter une alimentation équilibrée et lutter contre l’embonpoint ;
  • pratiquer régulièrement une activité physique.

Enfin, une bonne hygiène buccodentaire et des visites régulières chez le dentiste peuvent également contribuer à prévenir les cancers du nez, de la bouche et de la gorge.

Outre la chirurgie (pour enlever la tumeur et les ganglions voisins), le traitement des cancers des VADS fait appel à la radiothérapie (rayons ionisants), associée ou non à la chimiothérapie anticancéreuse.

La chirurgie dans le traitement des cancers du nez, de la bouche et de la gorge

L’intervention chirurgicale consiste à enlever la tumeur tout en préservant au maximum la fonction de l’organe atteint. Selon les parties retirées lors de l’intervention, une chirurgie de reconstruction est alors réalisée, en un ou plusieurs temps. Lorsque le cancer touche le larynx, une trachéotomie (l’attachement de la trachée directement à la peau), provisoire ou définitive, peut être nécessaire.

La radiothérapie dans le traitement des cancers du nez, de la bouche et de la gorge

Dans le cadre du traitement des cancers des VADS, la radiothérapie peut être externe (rayons ionisants projetés à travers la peau sur la zone où se trouve la tumeur), ou mettre en œuvre la curiethérapie (un fil radioactif d’iridium 192 est inséré là où se trouve la tumeur).

La chimiothérapie dans le traitement des cancers du nez, de la bouche et de la gorge

La chimiothérapie des cancers des VADS est administrée par voie intraveineuse au cours de séances de perfusion intraveineuse (les « cures »). Le choix des médicaments utilisés est fonction des caractéristiques de la tumeur et du patient.

Les autres traitements mis en place contre les cancers des VADS

En cas de cancer des VADS, des mesures de sevrage tabagique sont mises en place avec le soutien du médecin traitant. De la même manière, un sevrage alcoolique doit être envisagé chez les personnes qui souffrent d’alcoolisme.

D’autres soins et soutiens peuvent être mis en œuvre face aux conséquences de la maladie et des traitements : douleur, fatigue, troubles alimentaires, raideur du cou et des épaules, difficultés respiratoires, besoin de soutien psychologique, problèmes sociaux, etc.

7 novembre

cancer du pancréas

Le pancréas est une glande de forme allongée et triangulaire qui se trouve derrière l’estomac. Sa fonction est double : sécréter les enzymes (suc pancréatique) indispensables à la digestion des matières grasses et des protéines (fonction dite exocrine) et de produire l’insuline et le glucagon qui régulent le taux de sucre dans le sang (fonction dite endocrine).

 

 

Dans 90 % des cas, le cancer du pancréas se développe à partir des cellules qui bordent les canaux conduisant le suc pancréatique vers l’intestin : c’est l’adénocarcinome canalaire du pancréas.

Il n’existe pas de test de dépistage du cancer du pancréas. Parce qu’ils demeurent longtemps sans symptômes, les cancers du pancréas sont diagnostiqués à un stade tardif dans la très grande majorité des cas (entre 80 et 90 %). Leur traitement est donc souvent difficile.

En France, entre huit et dix mille nouveaux cas de cancer du pancréas sont diagnostiqués chaque année, occasionnant à peu près autant de décès. Le cancer du pancréas est un peu plus fréquent chez les hommes. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 75 ans chez les hommes et de 80 ans chez les femmes.

Outre l’âge, certains facteurs de risque de cancer du pancréas ont été identifiés :

  • le tabagisme ;
  • une inflammation chronique du pancréas due par exemple à l’alcoolisme chronique ou à la mucoviscidose ;
  • une prédisposition familiale (5 à 10 % des cas) ;
  • le diabète et l’obésité sont évoqués comme facteurs de risque, mais sans confirmation formelle.

Pendant les premiers mois de la maladie, le cancer du pancréas passe inaperçu. Lorsque la tumeur progresse, le cancer du pancréas peut provoquer :

  • des maux de ventre, en particulier la nuit et en position allongée ;
  • une jaunisse et des démangeaisons ;
  • une perte de poids massive et rapide, sans cause identifiable ;
  • une perte d’appétit, avec des nausées et des vomissements ;
  • une fatigue intense ;
  • une sensation permanente d’estomac plein.

Chez les personnes diabétiques, le cancer du pancréas peut se manifester par une aggravation subite de leur diabète.

Aujourd’hui, en France, environ 5 % des personnes atteintes d’un cancer du pancréas survivent cinq ans après le diagnostic, ce qui fait de ce cancer l’un des plus dangereux. Chez les patients pour lesquels l’ablation complète de la tumeur est possible (suivie d’une chimiothérapie), le taux de survie à cinq ans est d’environ 20 %.

Lorsque le médecin suspecte la présence d’un cancer du pancréas, il peut faire pratiquer divers examens pour confirmer son diagnostic : échographie, scanner ou IRM de l’abdomen ; échoendoscopie. Cependant, le diagnostic définitif de cancer du pancréas est confirmé par un examen au microscope d’un petit fragment de pancréas (la biopsie). Cette biopsie peut être pratiquée soit à travers la peau du ventre en s’aidant d’une échographie pour guider le geste, soit lors de l’échoendoscopie, soit lors d’une intervention chirurgicale de l’abdomen.

Le cancer du pancréas est difficile à traiter. Seule la chirurgie permet actuellement la guérison du patient (si le cancer a été diagnostiqué suffisamment tôt). Les autres traitements ont pour objectif le soulagement des symptômes (notamment combattre la douleur), l’amélioration de la qualité de vie et la prévention des complications.

Lorsque le cancer du pancréas est limité à cet organe, qu’il n’est pas trop volumineux et que le patient est, par ailleurs, ni atteint d’une autre maladie ni trop âgé, une intervention chirurgicale est envisagée pour enlever la tumeur. Ce cas de figure reste rare puisqu’il concerne seulement environ 20 % des patients. Après la chirurgie, une chimiothérapie est administrée pendant six mois, éventuellement associée à une radiothérapie lorsque l’intervention chirurgicale n’a pas permis de retirer toute la tumeur.

La chirurgie du cancer du pancréas est une chirurgie lourde et délicate qui impose souvent de reconstruire une partie de l’appareil digestif. La convalescence est longue avec un séjour en soins intensifs. Une alimentation par voie intraveineuse ou par sonde placée dans l’estomac est nécessaire, ainsi qu’un suivi nutritionnel étroit. Après la chirurgie, des troubles gastro-intestinaux peuvent survenir : des troubles du transit digestif entraînant des vomissements ou la présence de matières grasses dans les selles. Des médicaments sont alors prescrits pour corriger ces effets indésirables.

Lorsque la tumeur n’est d’emblée pas opérable, un traitement par chimiothérapie et radiothérapie peut être administré pour essayer de réduire la taille du cancer. Cette technique permet d’opérer environ un tiers de patients qui n’étaient pas opérables au moment du diagnostic.

Dans les autres cas, le traitement du cancer du pancréas repose sur la chimiothérapie, parfois associée à la radiothérapie, voire à des thérapies ciblées dans le cadre d’essais cliniques (par exemple, l’erlotinib).

31 octobre

cancer du foie

Le cancer du foie est caractérisé par le développement d’un ou plusieurs nodules cancéreux dans cet organe. Dans la vaste majorité des cas, ces nodules se développent dans un foie atteint, depuis des années, par une maladie chronique qui a provoqué une cirrhose (par exemple, l’alcoolisme ou une hépatite virale chronique). Le cancer du foie reste longtemps sans provoquer de symptôme ce qui rend difficile son diagnostic précoce. Les patients chez lesquels ce cancer est découvert souffrent souvent de formes avancées difficiles à traiter.


Schéma du foie
En France, en 2011, 8 200 cancers du foie ont été diagnostiqués. Les cancers du foie sont quatre fois plus fréquents chez les hommes (80 % des cas) et sont le plus souvent diagnostiquées entre 50 à 60 ans. Le nombre de cancers du foie diagnostiqués chaque année est en baisse sensible, en particulier en raison du nombre de personnes traitées avec succès contre l’hépatite C.

Lorsque les cellules du foie sont agressées de manière durable, elles meurent et sont remplacées par du tissu fibreux : c’est la fibrose. Lorsque la fibrose devient trop importante (après plusieurs années), elle gêne la circulation du sang dans le foie, ce qui tend à l’aggraver. La cirrhose est la phase terminale de la fibrose, lorsque celle-ci perturbe fortement le fonctionnement du foie. La cirrhose est le facteur de risque le plus important de cancer du foie.

Contrairement à une croyance populaire, la cirrhose n’est pas seulement provoquée par l’alcoolisme. Outre l’alcool, d’autres facteurs peuvent également être à l’origine de cirrhose : les hépatites chroniques B et C, l’accumulation de graisse dans le foie en lien avec l’obésité, par exemple. De plus, le tabagisme semble associé à un risque accru de cancer du foie.

Les mesures de prévention des cancers du foie sont celles qui permettent de prévenir la fibrose et la cirrhose du foie :

  • consommer des boissons alcoolisées avec modération ;
  • être vacciné contre l’hépatite B ;
  • lutter contre l’embonpoint et l’obésité en adoptant une alimentation équilibrée et en pratiquant une activité physique régulière ;
  • effectuer un test de dépistage de l’hépatite C et, si l’on n’est pas infecté, éviter de le devenir.

Lorsqu’il est diagnostiqué, malheureusement souvent de manière tardive, le cancer du foie peut être traité de manière curative (élimination complète) chez environ un tiers des patients. Dans les autres cas, des traitements sont possibles mais le taux de récidive est élevé (dans 80 à 85 % des cas cinq ans après le premier diagnostic).

Le taux de survie cinq ans après un diagnostic de cancer du foie varie fortement selon le stade d’évolution du cancer au moment du diagnostic : de 25 % dans les formes où la tumeur est localisée à moins de 10 % dans les formes où la tumeur est plus étendue. Lorsqu’une greffe de foie a été réalisée pour traiter le cancer, le taux de survie à cinq ans est d’environ 70 %.

La chirurgie est le traitement de premier choix des cancers du foie, soit pour enlever la ou les tumeurs, soit pour greffer un nouveau foie. Malheureusement, au moment du diagnostic, une intervention chirurgicale n’est possible que chez environ 15 % des patients. Pour les autres patients, il est possible de détruire la ou les tumeurs à travers la peau (« destruction percutanée »), de pratiquer une chimiothérapie locale directement sur la tumeur (« chimioembolisation ») ou d’administrer une thérapie ciblée (« biothérapie »).

Le choix du mode de traitement dépend de la gravité de la cirrhose, de l’aspect des tumeurs (nombre, taille, localisation, envahissement des vaisseaux sanguins ou des canaux biliaires) et de l’état général du patient (sa capacité à supporter la chirurgie, par exemple).

La greffe du foie est systématiquement envisagée lors de cirrhose terminale ou de cancer du foie. Malheureusement, seulement 5 % des patients atteints de cancer du foie peuvent être greffés. Le nombre de greffons disponibles est limité et les contre-indications de la greffe sont nombreuses. Chez les personnes éligibles pour une greffe du foie, des traitements sont souvent mis en place en attendant la disponibilité d’un greffon.

Dans le cadre du traitement des cancers du foie, la chimiothérapie est rarement administrée de manière générale (intraveineuse) comme pour nombre d’autres types de cancer. Le plus souvent, elle est administrée directement dans le foie, au plus près de la tumeur : c’est la « chimioembolisation ».

Un médicament de chimiothérapie est injecté au plus près des tumeurs via un cathéter, ainsi qu’une substance appelée « agent d’embolisation » (une substance grasse ou une solution de billes de plastique microscopiques). L’agent d’embolisation épaissit le sang et permet au médicament de chimiothérapie de rester en contact le plus longtemps possible avec les cellules cancéreuses qui forment la tumeur. De plus, l’agent d’embolisation diminue l’arrivée de sang oxygéné dans la tumeur, ce qui asphyxie les cellules cancéreuses et les rend plus sensibles à la chimiothérapie.

24 octobre

Chute de cheveux

Les dermatologues différencient les pertes de cheveux selon qu’elles touchent l’ensemble du cuir chevelu (pertes diffuses) ou certaines zones (pertes localisées). Une distinction est également faite entre les pertes passagères (suivies d’une repousse immédiate et complète) et les pertes durables. Parmi les types de perte de cheveux les plus fréquents, on trouve une forme localisée durable (l’alopécie androgénétique) et une forme diffuse temporaire (l’effluvium télogène).

L’alopécie androgénétique est communément appelée « calvitie », en particulier chez les hommes. Dans cette forme de perte de cheveux, seul le dessus du crâne est atteint. Les cheveux du pourtour du crâne sont préservés. L’alopécie androgénétique peut également être observée chez la femme. Dans ce cas, la perte de cheveux concerne l’ensemble du dessus du crâne, de manière diffuse, parfois en épargnant la lisière frontale.

Chez l’homme, l’alopécie androgénétique affecte 20 % des hommes de 20 ans, 30 % des hommes de 30 ans, 40 % des hommes de 40 ans, et ainsi de suite. Chez la femme, l’alopécie androgénétique est plus rare : une femme sur cinq vers l’âge de 40 ans, une femme sur quatre vers l’âge de 60 ans. Néanmoins, elle représente 80 % des problèmes de perte de cheveux durable chez la femme.

L’alopécie androgénétique résulte de deux facteurs : une prédisposition génétique et l’action des androgènes, les hormones sexuelles mâles (mais néanmoins présentes en faible quantité chez les femmes). Chez la femme, d’autres facteurs hormonaux peuvent favoriser l’alopécie androgénétique : les contraceptifs oraux (« pilule ») ou les traitements hormonaux de la ménopause.

Plusieurs traitements existent pour enrayer la progression de l’alopécie androgénétique. Habituellement, les traitements ne sont efficaces qu’au bout de quatre à six mois. Pour en garder le bénéfice, ils doivent être poursuivis indéfiniment. En effet, à l’arrêt du traitement, la repousse cesse et un retour à l’état initial s’observe en quatre à six mois.

  • Le minoxidil est une substance qui, appliquée sur le cuir chevelu deux fois par jour, stimule la pousse des cheveux et ralentit leur chute. L’effet de cette substance se fait habituellement sentir après trois mois de traitement. Elle peut provoquer des irritations cutanées, voire l’apparition de poils sur une peau jusque-là glabre. Pour cette raison, il est important de limiter son application au cuir chevelu sans empiéter sur le visage.
  • Le finastéride est une substance qui bloque l’hormone responsable de l’accélération du cycle de pousse des cheveux situés sur le dessus du crâne. Elle est réservée au traitement de l’alopécie androgénétique chez l’homme uniquement. Le finastéride freine la chute du cheveu mais ne stimule sa pousse que chez certains patients. Ses principaux effets indésirables sont une diminution de la libido et des troubles de l’érection qui, dans de rares cas, persistent à l’arrêt du traitement. Des études suggèrent que le finastéride peut également diminuer la qualité du sperme et affecter la fertilité. De plus, des cas de dépressions et plus rarement d’idées suicidaires ont été observés chez des patients traités par finastéride.

Chez les hommes, un traitement chirurgical est parfois entrepris pour greffer des cheveux de la couronne (le pourtour de la tête) sur le dessus du cuir chevelu. Ces micro-greffes (quelques cheveux à la fois, avec leur follicule pileux) s’implantent de manière durable.

Chez les femmes qui souffrent d’alopécie androgénétique liée à des dérèglements hormonaux, le choix de la pilule contraceptive est important. Le médecin peut en choisir une pour réguler les fluctuations hormonales.

Les chutes de cheveux diffuses et passagères sont le plus souvent observées chez les femmes et leurs causes sont nombreuses. Elles durent généralement entre trois et quatre mois, et sont immédiatement suivies d’une repousse complète. Fréquemment, ces pertes de cheveux diffuses passagères sont le résultat d’un arrêt de la phase de croissance du cheveu : jusqu’à 30 % des cheveux meurent prématurément et soudainement (c’est l’ « effluvium télogène »). Parmi les nombreuses causes de l’effluvium télogène, on note :

  • l’accouchement : la chute de cheveux survient environ un mois après l’accouchement, parfois plus tard chez les femmes qui allaitent. Elle est souvent liée à une carence en fer pendant la grossesse.
  • les fausses couches et l’IVG ;
  • une opération chirurgicale lourde ayant nécessité une longue anesthésie générale ;
  • un épisode de fièvre élevée ;
  • un choc psychologique sévère ;
  • l’arrêt d’une contraception hormonale (pilule).

De plus, les permanentes, colorations, défrisages, ainsi que les coiffures qui tirent sur les cheveux, peuvent provoquer des chutes de cheveux passagères.

En règle générale, il n’y a pas besoin de traiter cette forme de perte de cheveux. La repousse est spontanée et complète.

Les chutes de cheveux diffuses et durables sont plus problématiques, car la repousse complète n’est pas toujours la règle. Leurs causes sont multiples :

  • un excès de stress ;
  • des carences alimentaires, par exemple en fer, zinc, magnésium ou calcium ;
  • l’anorexie et les régimes alimentaires extrêmes, sources de carences ;
  • des problèmes thyroïdiens ;
  • le diabète non contrôlé par les traitements ;
  • les états dépressifs sévères ;
  • une syphilis non traitée ;
  • la radiothérapie (« rayons ») dans le traitement des cancers,
  • certains traitements médicamenteux, en particulier les chimiothérapies anticancéreuses, certains anticoagulants (« fluidifiants du sang »), le lithium (contre les troubles bipolaires), etc.

Le traitement de ce type de perte de cheveux varie selon la cause identifiée.

Certaines maladies se traduisent par des chutes de cheveux localisées, par plaques. En règle générale, les cheveux repoussent avec un traitement adapté à la cause, à l’exception des plaques cicatricielles (par exemple après une brûlure du cuir chevelu). Les deux principales causes de ces chutes en plaques sont la teigne et la pelade.

La teigne se traite à l’aide d’un médicament antifongique destiné à tuer le champignon qui en est la cause. Le traitement est souvent long (six à huit semaines). Il doit également concerner également l’animal qui est suspecté de l’avoir transmise.

En cas de plaques de pelade peu étendues, avec un traitement à base de corticoïdes ou d’exposition aux rayons ultra-violets, les cheveux repoussent complètement chez 80 % des patients, en quelques mois. Les cas de pelade sévère ou complète nécessitent parfois des traitements particuliers.

Peau, cheveux et ongles
17 octobre

zona

Le zona est la manifestation d’une réactivation du virus de la varicelle qui se caractérise par une éruption cutanée. Habituellement bénin, le zona peut-être invalidant par des douleurs qui peuvent persister longtemps après l’éruption.

Après une varicelle, le virus n’est pas complètement éliminé par l’organisme et reste à l’état dormant dans la racine des nerfs rachidiens, c’est-à-dire à l’endroit où les nerfs quittent la moelle épinière pour aller innerver les membres, les organes et la peau. La réactivation du virus peut survenir lorsque le système immunitaire est affaibli : maladie (par exemple, la mononucléose ou l’infection par le VIH/sida) ou traitement immunosuppresseur (par exemple, contre le cancer ou une maladie auto-immune). Souvent, la seule cause identifiable d’une poussée de zona est un stress prolongé, de la fatigue chronique ou, simplement, l’âge.

Les symptômes du zona varient selon le nerf touché par la réactivation du virus de la varicelle.

Les formes habituelles du zona

Le plus souvent, le nerf touché par la réactivation du virus de la varicelle innerve une région de la peau bien délimitée, sur un seul côté du corps. Sur cette zone, la peau devient d’abord plus sensible aux frottements, avec une sensation de brûlure ou, au contraire, elle perd sa sensibilité au toucher.

La peau prend ensuite une coloration rose vif et, en un à deux jours, des boutons contenant un peu de liquide clair (les « vésicules ») apparaissent. Elles ressemblent à celles observées chez les enfants qui ont la varicelle. En une semaine, ces vésicules sèchent et se couvrent de croûtes qui tombent après une dizaine de jours. Dans certains cas, une légère fièvre est également observée.

Pendant cette phase aiguë, la plupart des patients ressentent des douleurs au niveau de la zone touchée, aggravées par les frottements.

Dans 90 % des cas, le zona et les douleurs qu’il provoque disparaissent sans séquelle en trois ou quatre semaines, mais dans certains cas, ces douleurs persistent plusieurs mois après la guérison, notamment chez les personnes de plus de 60 ans.

Les autres formes de zona

Lorsque le virus de la varicelle-zona infecte le nerf optique, le zona peut provoquer un larmoiement, un œil rouge, une sensibilité anormale à la lumière, des troubles de la vision, ou une lésion de la cornée. D’autres nerfs crâniens peuvent être touchés et provoquer des troubles particuliers : paralysie d’un côté du visage, bourdonnements, vertiges, diminution de l’acuité auditive, voire perte du goût ou difficultés à avaler.

En règle générale, lorsqu’on pense souffrir de zona, il est toujours préférable de consulter un médecin. Mais cette consultation doit avoir lieu au plus vite quand :

  • les symptômes touchent le visage, les yeux, les paupières, les oreilles, ou plusieurs zones du corps ;
  • la zone touchée présente des signes de faiblesse musculaire (paralysie partielle) ;
  • les douleurs sont insupportables ;
  • la fatigue ou la fièvre est importante.

De plus, les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées, les personnes diabétiques et celles qui souffrent d’infection par le VIH/sida ou de cancer doivent consulter très rapidement lorsque des symptômes évoquant le zona sont présents.

Les complications les plus fréquentes du zona sont les douleurs chroniques qui persistent plus d’un mois après la guérison des vésicules. Elles sont plus fréquentes chez les personnes âgées, ainsi que chez les personnes pour lesquelles la phase aiguë a provoqué des symptômes sévères.

Lorsque le zona touche un œil (« zona ophtalmique ») et n’est pas traité, des troubles de la vision permanents peuvent survenir.

Le traitement du zona vise à soulager les symptômes et à prévenir les complications.

Le traitement antiviral du zona

Dans certains cas, le médecin prescrit des médicaments antiviraux : aciclovir, famciclovir, valaciclovir. Ils sont habituellement réservés aux formes de zona les plus graves, et aux personnes qui sont le plus à risque de développer des douleurs chroniques.

Pour être pleinement efficaces contre les complications, ces médicaments doivent être pris dans les trois jours qui suivent l’éruption des vésicules. Le traitement est habituellement prescrit pour une semaine, voire plus longtemps pour les personnes immunodéprimées.

Le traitement de la phase aiguë du zona

Une douche ou un bain à l’eau tiède, avec un savon surgras, sans antiseptique, est recommandé une ou deux fois par jour. Une solution antiseptique (par exemple à base de chlorhexidine) peut être appliquée sur les vésicules. Pour combattre la douleur, le médecin prescrit des médicaments antalgiques associant du paracétamol à un opiacé (codéine ou tramadol.)

Le traitement des douleurs post-zostériennes

Les douleurs qui font suite à un zona sont soulagées par certains antidépresseurs imipraminiques (amitriptyline, clomipramine, imipramine), certains antiépileptiques (gabapentine, prégabaline) et les opiacés. Un traitement local (emplâtre contenant un anesthésique local) peut également être envisagé.

L’application d’un patch à base de capsicaïne est parfois utilisée dans les centres de la douleur.

En France, la vaccination contre le zona est recommandée chez les adultes de 65 à 74 ans révolus, y compris chez ceux ayant déjà présenté un ou plusieurs épisodes de zona. Les études ont montré que la vaccination permet de réduire l’intensité et l’incidence de douleurs post-zostériennes, ainsi que la survenue du zona lui-même.

Peau, cheveux et ongles
10 octobre

Hypertrophie bénigne de la prostate

La prostate est une petite glande de la taille d’une noix située sous la vessie. Elle entoure la partie supérieure de l’urètre, le tube urinaire, à l’endroit où celui-ci rejoint la vessie. Cette glande a tendance à prendre du volume à l’approche de la quarantaine, et continue à grossir avec l’âge. Si la prostate devient trop volumineuse, elle risque d’étrangler l’urètre et de gêner l’émission d’urine. Cette croissance excessive est appelée hypertrophie ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou adénome de la prostate.

L’HBP n’occasionne aucun symptôme pour deux tiers des hommes de plus de 50 ans, mais les risques de voir se développer des troubles urinaires augmentent avec l’âge : après 60 ans, 60 % des hommes souffrent de troubles de la prostate et ce chiffre passe à 90 % après 85 ans.

Lorsque l’adénome de la prostate gêne la vidange de la vessie, uriner devient difficile : l’émission d’urine est lente à démarrer, le flux est faible et saccadé, et des gouttes d’urine continuent à s’écouler pendant une minute ou deux. Après avoir uriné, l’impression que la vessie n’est pas vraiment vide persiste. Les parois de la vessie et de l’urètre, irritées, provoquent une fausse envie d’uriner plus fréquemment, ce qui s’avère particulièrement gênant la nuit. Parfois, des douleurs sont ressenties dans le bas du dos, le bassin ou le haut des cuisses.

Une vessie qui ne se vide pas correctement augmente le risque d’infection urinaire et de problèmes rénaux. Certains hommes qui souffrent d’HBP sont victimes de calculs urinaires dans la vessie ou d’infections urinaires à répétition. On observe parfois des problèmes de rétention urinaire et, de manière très occasionnelle, une obturation complète de l’urètre qui constitue alors une urgence médicale : c’est la rétention d’urines aiguë.

L’hypertrophie bénigne de la prostate n’augmente pas le risque de développer un cancer de la prostate. Néanmoins, les deux maladies peuvent présenter de symptômes similaires bien que, la plupart du temps, le cancer de la prostate ne provoque aucun symptôme. Il est possible de souffrir à la fois d’un adénome de la prostate et d’un cancer de la prostate.

Des modifications de la production d’hormones mâles, liées à l’âge, pourraient être à l’origine de l’HBP, mais cette hypothèse n’a pas encore été confirmée. Certains médicaments sont susceptibles d’aggraver ces troubles et peuvent même déclencher une rétention d’urine : n’oubliez pas de signaler à votre médecin ou à votre pharmacien les problèmes urinaires que vous rencontrez.

  • Si vous avez conservé une activité sexuelle, vous pouvez continuer, elle pourrait même être bénéfique en ralentissant l’évolution de l’adénome.
  • Urinez quand vous en avez envie. Se retenir longtemps d’uriner peut irriter la vessie ou provoquer un blocage urinaire.
  • Après 19 heures, buvez modérément pour éviter de devoir vous lever la nuit.
  • Évitez certains aliments. Les plats épicés et salés, l’alcool, les boissons riches en caféine (café, thé, colas) et le chocolat aggravent les symptômes de l’HBP.
  • Évitez les médicaments déconseillés en cas d’adénome de la prostate (c’est indiqué dans la notice).

Le toucher rectal est l’examen médical qui permet de dépister des anomalies de la prostate. Le médecin met un gant en latex et insère un doigt dans le rectum pour palper la prostate à travers la paroi de l’intestin. Il peut ainsi repérer des modifications de sa taille et de sa consistance. Dans le cas d’une HBP, la prostate est plus volumineuse mais elle reste souple et sa forme reste inchangée. Si le médecin sent des bosses ou un durcissement, il procède à d’autres examens pour en déterminer les causes : échographie, radiographie, dosage sanguin, etc. Le toucher rectal n’est habituellement pas douloureux mais beaucoup d’hommes le trouvent embarrassant.

En général, les symptômes de l’HBP sont suffisamment mineurs pour ne pas justifier de traitement et ils ne s’aggravent pas avec le temps. Seuls 15 % des cas d’HBP nécessitent une prise en charge médicale pour éviter les complications.

Les médicaments appelés alphabloquants sont utilisés pour détendre les muscles de la vessie, de l’urètre et de la prostate et faciliter le passage de l’urine. Leur effet est rapide. D’autres substances, les inhibiteurs de la 5-alpha réductase, sont également prescrites pour freiner l’augmentation de la taille de la prostate, en bloquant l’action de la testostérone (hormone mâle). Leur effet est similaire à celui des alphabloquants, mais plus lent à apparaître.

Certains extraits de plantes peuvent contribuer à soulager les troubles liés à l’hyperplasie de la prostate. Pendant de longues années, ils étaient d’ailleurs les seuls traitements médicamenteux proposés aux patients.

Tous ces médicaments sont utilisés pour tenter d’éviter ou de retarder la chirurgie. Toutefois, l’intervention chirurgicale sous anesthésie demeure le seul moyen d’éliminer définitivement le problème.

3 octobre

Syndrome du colon irritable

Également appelé « syndrome de l’intestin irritable », « colopathie fonctionnelle » ou « troubles fonctionnels intestinaux », le syndrome du côlon irritable est un trouble bénin mais qui peut perturber la vie quotidienne. Il se traduit par des maux de ventre, des diarrhées, de la constipation et des ballonnements, en l’absence de lésions objectivables du gros intestin. Ces symptômes apparaissent et disparaissent au gré des poussées (crises) et des périodes de rémission. Aggravé par le stress et l’anxiété, ce syndrome touche de nombreuses personnes et interfère avec leur vie professionnelle et sociale.

En France, on estime qu’entre 9 et 12 % de la population souffre de troubles fonctionnels intestinaux, à divers degrés de sévérité, dont 5 % souffrent de syndrome du côlon irritable diagnostiqué et pris en charge médicalement.

Le syndrome de l’intestin irritable est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes (jusqu’à deux fois plus fréquent). En général, ce trouble apparaît à l’adolescence. Il est plus fréquemment observé chez les personnes âgées de 20 à 40 ans.

Les personnes anxieuses ou qui sont soumises à un stress persistant semblent plus à risque de souffrir de syndrome du côlon irritable. De plus, la colopathie fonctionnelle semble plus fréquente chez les personnes qui souffrent de syndrome de fatigue chronique, de fibromyalgie ou, chez les femmes, de règles douloureuses.

Les causes du syndrome du côlon irritable ne sont pas connues. Environ la moitié des personnes qui en souffrent se décrivent comme stressées et rattachent les crises de colopathie à des périodes de fatigue ou de stress intense. Néanmoins, ni le stress, ni l’anxiété ne sont les seuls facteurs à l’origine de ce trouble.

Dans la plupart des cas, il est possible tout au plus de rattacher les poussées au stress ou à certains types d’aliments (par exemple, les crudités, les légumes secs ou les choux), variables selon chaque personne.

Le diagnostic du syndrome de l’intestin irritable repose sur l’existence de certains signes dits « critères de Rome » :

  • des troubles fonctionnels de l’intestin présents plus de trois jours par mois pendant plus de trois mois, au cours des six derniers mois ;
  • pendant les crises, deux éléments parmi les trois suivants : un soulagement des douleurs par la défécation, une modification de la fréquence des selles (constipation ou selles trop fréquentes), ou une modification de la consistance des selles (diarrhée).

Il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique du syndrome de l’intestin irritable. Sa prise en charge consiste essentiellement à rectifier les habitudes alimentaires pour soulager les symptômes et pour éliminer les aliments qui déclenchent ou aggravent les poussées.

La prise en charge diététique du syndrome du côlon irritable

Lorsqu’un diagnostic de syndrome de l’intestin irritable est posé, le médecin donne des conseils diététiques adaptés à son patient :

  • Tenir un journal de son alimentation afin d’identifier les aliments qui contribuent à déclencher les symptômes. Le plus souvent, ces aliments font partie de la famille des légumes secs (pois, lentilles, haricots secs, etc.) ou de celle des choux (chou vert, brocoli, choux de Bruxelles, chou kalé, etc.).
  • Lutter contre la constipation en veillant à consommer des fibres facilement digestibles (légumes et fruits cuits, par exemple), en buvant suffisamment d’eau tout au long de la journée et en pratiquant une activité physique régulière. Dans certains cas, il peut recommander la prise régulière de graines de psyllium (ispaghul) riches en fibres dites « solubles ».
  • En cas de diarrhée, il peut conseiller de limiter temporairement la consommation de fibres et de produits dérivés du lait, ainsi que celles des aliments et boissons contenant de la caféine (café, thé, chocolat, maté, colas, etc.).
  • En cas de ballonnements, il est recommandé de réduire les crudités et les aliments favorisant la production de gaz intestinaux (lentilles, haricots blancs, légumes secs, farineux) et de limiter la consommation de boissons gazeuses et de chewing-gums.

Les médicaments du syndrome du côlon irritable

Lorsque le syndrome de l’intestin irritable se traduit par de la constipation résistante aux modifications alimentaires, le médecin peut prescrire des laxatifs de lest ou des laxatifs osmotiques. En cas de diarrhée non soulagée par des mesures diététiques et interférant avec la vie quotidienne, des ralentisseurs du transit intestinal peuvent être administrés pendant une courte période.

Lorsque les maux de ventre persistent, le médecin prescrit des médicaments antispasmodiques qui agissent sur les muscles de l’intestin et soulagent la douleur.

Dans certains cas, le médecin peut également prescrire un traitement tranquillisant de courte durée (pour aider à traverser une période de stress).

Les techniques psychothérapeutiques et de relaxation dans le syndrome du côlon irritable

Les personnes chez qui les poussées de colopathie fonctionnelle sont liées à un excès de stress peuvent bénéficier de séances de relaxation ou de psychothérapie destinées à leur apprendre à mieux gérer les situations à l’origine du stress.

Chez ces personnes, la pratique régulière d’une activité physique peut également apporter un bénéfice, à la fois face au stress mais également pour réguler l’activité de leur intestin.

26 septembre

érysipèle

L’érysipèle (également appelé « dermohypodermite aiguë ») est une infection de la peau due à une bactérie, le plus souvent un streptocoque. Cette infection peut apparaître sur diverses parties du corps, mais le plus souvent elle se situe sur les jambes (dans plus de 85 % des cas) et le visage (10 % des cas). En général, la bactérie s’introduit dans l’organisme par une plaie (la « porte d’entrée »).

L’érysipèle touche essentiellement les enfants et les personnes de plus de 40 ans, avec un pic de fréquence autour de 60 ans.

Outre l’âge, les facteurs de risque de l’érysipèle sont :

  • l’existence d’une plaie de la peau ;
  • la présence de mycose entre les orteils à l’origine de plaie ;
  • des antécédents d’érysipèle (les récidives sont fréquentes) ;
  • un œdème (gonflement) des jambes, par exemple lié à une insuffisance veineuse chronique ou d’origine lymphatique (« lymphoedème ») ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • une immunodépression du fait d’une maladie ou d’un traitement.

La prévention de l’érysipèle consiste à prévenir, traiter et protéger les plaies qui pourraient servir de porte d’entrée pour les bactéries. Par exemple :

  • désinfecter toute plaie le plus rapidement possible et la couvrir avec un pansement ;
  • surveiller l’intégrité de la peau entre les orteils et traiter les mycoses rapidement ;
  • adopter les mesures de prévention des mycoses du pied, en particulier chez les personnes qui souffrent d’insuffisance veineuse chronique ;
  • hydrater la peau des jambes avec une lotion ou une crème après la toilette.

Chez les personnes qui ont les jambes enflées du fait d’une insuffisance veineuse chronique, le port de bas de contention réduit les gonflements et contribue à prévenir l’érysipèle.

Chez les personnes qui ont souffert de plusieurs récidives d’érysipèle, un traitement antibiotique préventif peut être proposé.

L’érysipèle est une maladie d’apparition soudaine, avec une poussée de fièvre importante et des frissons (bien qu’environ 15 % des patients ne présentent pas ou peu de fièvre). Les symptômes au niveau de la peau peuvent apparaître en même temps que la fièvre ou quelques heures après.

La peau présente une ou plusieurs plaques rouges, chaudes, luisantes et gonflées qui sont douloureuses au toucher. Parfois, de petites bulles sont présentes, ou de petits saignements sous la peau voire un petit ulcère. Ces signes apparaissent en général sur une seule jambe, parfois sur le visage.

Parce que la réaction immunitaire est intense, les ganglions lymphatiques qui drainent la zone touchée sont gonflés et douloureux chez environ un patient sur deux (par exemple, ceux de l’aine du côté de la jambe touchée). Chez 25 % des patients, une trace rouge part de la lésion de la peau et remonte aux ganglions : c’est la « lymphangite ».

Si l’érysipèle n’est pas traité, le streptocoque qui en est la cause va se multiplier et se propager plus profondément sous la peau, puis éventuellement dans l’ensemble du corps et provoquer une septicémie (une infection généralisée).

Parfois, un érysipèle peut provoquer l’aggravation d’une maladie préexistante jusque-là bien contrôlée : diabète, insuffisance cardiaque, par exemple. Chez les personnes prédisposées, l’érysipèle peut entraîner la formation d’un caillot dans les veines profondes. Enfin, dans 10 à 15 % des cas, un abcès peut se former sous la lésion.

Les traitements antibiotiques sont efficaces pour traiter un épisode d’érysipèle. Néanmoins, les récidives sont fréquentes, en particulier chez les sujets à risque : 12 % rechutent dans les six mois après le premier épisode, 30 % dans les trois années qui suivent.

Le traitement de l’érysipèle repose sur la prescription d’antibiotiques, chez soi ou à l’hôpital dans les cas graves. De plus, le traitement comporte du repos au lit, ainsi que des médicaments contre la fièvre et la douleur (paracétamol). Attention, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, comme l’ibuprofène par exemple) et les corticoïdes, suspectés de favoriser l’évolution vers des formes graves (fasciites nécrosantes), sont formellement contre-indiqués en cas d’érysipèle. Le médecin prescrit parfois des anticoagulants pendant la période l’alitement pour prévenir les phlébites et les embolies pulmonaires.

Avec un traitement adapté, la fièvre disparaît en moins de trois jours. Ensuite, la zone de peau touchée retrouve progressivement son aspect normal et redevient normale en dix à quinze jours.

Le traitement antibiotique dure généralement 7 jours et doit être pris jusqu’au bout, même si les symptômes ont disparu. En cas de récidives multiples, un traitement antibiotique de longue durée (de quatre à dix-huit mois) peut être nécessaire pour les prévenir.

Peau, cheveux et ongles
19 septembre

ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie osseuse qui se caractérise par une diminution de la masse osseuse responsable d’une fragilité accrue des os qui peuvent se briser très facilement. Les fractures les plus fréquentes sont celles du poignet, des vertèbres ou du col du fémur. La fracture du poignet est fréquemment révélatrice d’ostéoporose chez les femmes de plus de 50 ans. Les fractures des vertèbres, appelées aussi tassement vertébral, sont très douloureuses ; si elles se répètent, elles entraînent une diminution de la taille et, à la longue, l’apparition d’une bosse. Après 80 ans, ce sont surtout des fractures du col du fémur que l’on observe. L’ostéoporose touche 1 femmes sur 3 après la ménopause, mais également les hommes : 1 fracture de hanche sur 3 survient chez l’homme.

La solidité des os est liée à l’importance de la masse osseuse, qui augmente au cours de l’enfance, et spécialement à l’adolescence. À partir de 35 ans, ce capital osseux diminue lentement, pour les hommes comme pour les femmes. Chez celles-ci, la perte osseuse s’accélère à la ménopause, à cause de la diminution des hormones sexuelles (estrogènes). Les premières années de la ménopause, la perte osseuse est importante chez 30 % des femmes. Vers l’âge de 65 à 70 ans, la perte est quasiment identique pour les deux sexes.

L’ostéoporose peut avoir d’autres causes chez la femme comme chez l’homme : traitement prolongé par un dérivé de la cortisone, vieillissement, médicaments, hyperthyroïdie, maladie inflammatoire chronique, infection par le VIH, maladie digestive, cancer etc.

Pour établir un diagnostic d’ostéoporose, le médecin peut prescrire un examen, appelé ostéodensitométrie, qui permet d’évaluer la densité des os. Cet examen est sans douleur. Il est réalisé sur 2 sites (extrémités supérieure du fémur et rachis lombaire). Cependant, cette technique souffre d’une grande variabilité et ses modalités d’utilisation n’ont pas encore été validées. L’examen ostéodensitométrique est partiellement pris en charge par l’Assurance maladie (taux de remboursement : 70 % sur la base d’un tarif fixé à 40 € environ). La plupart des assurances complémentaires de santé (mutuelles) remboursent le coût qui n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie.

  • Mangez des aliments riches en calcium. L’apport quotidien en calcium devrait être d’environ 1000 à 1200 mg par jour. Les produits laitiers, les fromages et certaines eaux minérales sont les meilleures sources de calcium. Les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés en apportent autant que ceux fabriqués à partir de lait entier, sans les inconvénients des matières grasses. Des compléments de calcium sont parfois prescrits par le médecin traitant.
  • Limitez les pertes en calcium. Certains aliments favorisent l’élimination du calcium dans les urines : la caféine (café, thé, chocolat, colas) ; l’excès de protéines (viandes, poissons, etc.) ; l’acide phosphorique, une substance présente dans les sodas et d’autres aliments industriels ; l’alcool.
  • Faites des réserves de vitamine D. Son rôle est capital car elle favorise l’absorption du calcium par le tube digestif. Une heure de soleil par jour en été, tête et bras nus, suffit à l’organisme pour stocker la vitamine D pendant un an. Inutile donc de s’exposer plusieurs heures ! Une activité extérieure normale pendant la belle saison permet de prévenir les carences en vitamine D. Si cette exposition minimale n’est pas possible ou insuffisante, le médecin peut prescrire une ou deux gouttes de vitamine D par jour en hiver. Les aliments qui contiennent de la vitamine D sont surtout les poissons gras, le jaune d’œuf, le beurre et les margarines.
  • Faites de l’exercice. L’activité physique renforce la solidité des os, en particulier les activités qui provoquent de petits impacts sur les os : course à pied, tennis, randonnée, step, etc.
  • Arrêtez de fumer. Le tabac accélère la perte osseuse. De plus, chez les femmes qui reçoivent un traitement hormonal de substitution (THS, voir ci-dessous) pour soulager les troubles de la ménopause, il accélère l’élimination des estrogènes et augmente le risque de maladie cardiovasculaire.

Parallèlement à une bonne hygiène de vie, un traitement médicamenteux spécifique peut être proposé pour prévenir la survenue (ou la récidive) de fractures dans les 5 à 10 ans.

Pour décider de l’opportunité de prescrire un traitement médicamenteux, le médecin prend en compte de nombreux éléments : l’âge du patient ; le degré de perte osseuse mesurée par l’ostéodensitométrie ; des antécédents de fracture des vertèbres, du col du fémur ou d’autres os chez le  patient ou chez un de ses parents directs ; une éventuelle maigreur ; etc. En général, ces médicaments sont plutôt prescrits à des personnes qui présentent une perte osseuse marquée et qui ont déjà eu une ou plusieurs fractures potentiellement liées à ce défaut de densité osseuse.

Pour montrer leur efficacité, ces traitements doivent être pris pendant au moins quatre ans. Leurs effets doivent être évalués régulièrement, en surveillant la taille du patient et en pratiquant éventuellement des radiographies de la colonne vertébrale.

Dans le traitement de l’ostéoporose chez la femme après la ménopause, plusieurs médicaments peuvent être proposés : bisphosphonates, raloxifène, tériparatide, dénosumab, traitement hormonal substitutif (THS, des hormones sexuelles féminines) qui permet d’empêcher ou d’atténuer cette perte osseuse, tout en soulageant les symptômes désagréables de la ménopause. Le THS est indiqué chez les femmes souffrant d’ostéoporose quand les autres types de traitements n’ont pas été efficaces.

D’autres mesures peuvent être mises en place, destinées à aménager le domicile pour prévenir les chutes. Enfin, le port de coussinets protecteurs de hanche peut être conseillé par le médecin.

Appareil locomoteur
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